Archéologie aérienne J. Dassié. Moyen-age et moderne.

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Période médiévale.    

      La période médiévale débute avec la dissolution progressive de l'empire romain ! Ce très long millénaire s'étend traditionnellement depuis la fin du Ve siècle et perdure jusqu'à la fin du XVe siècle. Son commencement est marqué par les grandes invasions, les Vandales en premier, les Wisigoths, puis les Francs. Vers 700 arrivent les Arabes d'Espagne, suivis en 844 par les Vikings ! Il s'agit de périodes de grande instabilité, d'inquiétudes collectives, et de l'émergence des pouvoirs locaux. Chacun se retranche, s'isole et se protège : c'est la grande féodalité.
       Jean Glénisson (bib) écrit à ce sujet "Le phénomène social le plus saisissant des Xe et XIe siècles consiste sans aucun doute dans l'apparition et la prolifération des forteresses qui surgissent de toutes part, et auxquelles nous donnons uniformément aujourd'hui le nom de châteaux".

      
 Les manifestations rémanentes de cette période peuvent revêtir les formes les plus diverses, allant de simples traces, seulement perceptibles d'avion, à des mottes féodales minuscules ou gigantesques. Elles peuvent se révéler par de discrètes ruines ou par de superbes châteaux et donjons, et s'achever par les nombreux témoignages de l'élan mystique de la chrétienté, de l'humble chapelle aux cathédrales flamboyantes. Partages, querelles, successions et accords politiques entraînent de grandes fluctuations : la Saintonge oscille entre la souveraineté anglaise et française, et ne retrouve son équilibre qu'avec son intégration au duché de Guyenne, sous Louis XI, et l'achèvement de la guerre de Cent ans. Les premières manifestations de cette époque sont constituées par "les mottes".

Les mottes féodales et castrales.
      



Nantillé, CM La Prairie des Châteaux, motte féodale. © Jacques DASSIÉ

     C'est essentiellement le fossé qui, par ses dimensions, permet une modulation du niveau de la cime des arbres et la rend ainsi perceptible. Une motte féodale est une construction défensive constituée d'une butte artificielle en terre. Il existe des cas ou une topographie favorable a permis l'utilisation d'une butte naturelle. Sur la butte est érigé une tour ou donjon, généralement en bois, protégé par une palissade. Un fossé rempli d'eau entoure la butte cependant qu'un petit pont de bois permet de le traverser. On peut penser qu'il préfigure le pont-levis des futurs châteaux forts.

Tesson CM    Motte féodale. Une autre enceinte concentrique ou excentrique, appelée "basse-cour", clôturée
par une levée de terre et une palissade, permet de loger animaux et servitudes dans un espace défini et protégé.

Pour certaines catégorie de mottes, des superstructures sont encore existantes. Un exemple nous est fourni par la motte de Benon, encore
occupée par les restes d'un château détruit en 1593, dont il subsiste une tour ronde. Des constructions modernes l'occupent actuellement.

Claude Masse, ingénieur géographe du Roy, témoigne de la situation de cette motte castrale, en 1719. Il donne même une coupe
des
fossés. La photographie a pratiquement été prise avec la même orientation que la carte et permet un repérage facile.



  L'une des plus grandes mottes que nous ayons rencontrés : environ deux cents mètres de diamètre. C'est celle de Montmoreau-Saint-Cybard, en
Charente Le château du XVe appartint au marquis de Rochechouart. Exemple-type d'une motte établie sur une colline naturelle, dominant la Tude.

   Broue CM. Plus près du sol : la vieille tour, seul reste du donjon d'un château comtale. © J. Dassié

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